Le commerce en Islam : le B.A.BA

 

Ce blog est destiné aux entrepreneurs musulmans qui aspirent à développer un commerce ou une entreprise en accord avec les enseignements de l’Islam. Or, l’Islam est, comme chacun sait, une Religion qui ne se cantonne pas à la sphère privée, celle du spirituel ou du cultuel. L’Islam s’immisce dans tous les domaines de la vie pour les orner de ses valeurs et les anoblir de ses vertus.

Le commerce, activité principale des Qorayshites très développée à l’époque de la Révélation, n’a pas échappé à cette réalité. Il en a même été un des principaux bénéficiaires.

Aussi, voici pour toi, entrepreneur musulman, quelques règles fondamentales qui régissent les relations commerciales en Islam.

Sache tout d’abord que la connaissance de ces règles est une obligation religieuse pour toi qui te lance dans ce domaine. Du temps de son califat, le Prince des croyants Omar ibn Al-Khattab avait proclamé : ‘’ Celui qui n’apprend pas les règles du commerce, nos marchés lui sont interdits.’’ De façon plus générale, l’Imam Al-Boukhary et nombre de jurisconsultes de l’Islam ont instauré un principe : Le savoir devance la parole et l’action.

  • La capacité juridique :

Afin de valider un contrat commercial, il faut que les deux parties soient adultes, libres et douées de raison. Ceci pour préserver les intérêts des personnes vulnérables, ne jouissant pas de toutes leurs facultés de jugement telles que les enfants ou les faibles d’esprits.

  • L’accord mutuel :

Les deux parties doivent être en accord sur la transaction dans son ensemble comme dans ses détails, conformément à la parole du Prophète sws : ‘’Les transactions sont validées par l’accord mutuel.’’. Aussi, toute transaction effectuée sous la contrainte, qu’elle soit physique ou psychologique, est caduque et ce même si un contrat a été signé.

  • L’absence d’ambiguïté :

Les deux parties doivent avoir une connaissance parfaite des marchandises vendues et de leur prix. Il n’est pas permis par exemple de vendre pour une ‘’liasse de billets’’ sans préciser le nombre de billets et leur montant. Il n’est pas non plus permis de vendre ‘’une des robes du rayon’’ en fixant un prix tant que l’article n’est pas clairement connu de l’acheteur.

  • La licéité des marchandises :

Le Prophète sws a dit : ‘’ Quand Allah interdit la consommation d’une chose, il en interdit aussi le commerce.’’ De nos jours, les musulmans n’en sont plus à se demander s’ils peuvent vendre du porc dans leurs épiceries ou servir du vin dans leurs restaurants, cependant de nombreux produits financiers ou immobiliers font leur apparition et leur statut juridique n’est pas toujours très clair. Aussi, il incombe à tout entrepreneur de se renseigner sur la licéité de ces nouveaux produits avant de conclure toute transaction.

  • L’absence de vice :

Il n’est pas permis de vendre une marchandise viciée à moins d’en informer l’acheteur. Le Prophète sws a déclaré : ‘’Les musulmans sont des frères. Il n’est pas permis à un musulman de vendre à son frère une marchandise viciée sans l’en informer.’’ Attention, même si ce texte évoque la vente entre musulmans, l’interdiction s’applique quelle que soit l’origine ou l’appartenance religieuse du client. Dans un verset coranique Allah met en garde les commerçants malhonnêtes en ces termes : ‘’ Malheur aux fraudeurs ! Lorsqu’ils font mesurer pour eux-mêmes exigent la pleine mesure et lorsqu’ils mesurent ou pèsent pour les autres leur cause perte. Ceux-là ne pensent-ils pas qu’ils seront ressuscites en un jour terrible, le jour où les gens se tiendront devant le Seigneur de l’Univers ?’’

  • La propriété du bien mis en vente :

Il semble évident que pour qu’un bien soit vendu, celui-ci doit être en possession du vendeur. Pourtant, dans nos sociétés modernes, avec le développement des ventes par correspondance et des envois différés, il est possible de vendre un bien que l’on ne possède pas, d’en encaisser le prix pour se le procurer ensuite et enfin l’expédier au client. Cette pratique est invalide car elle comporte un risque pour l’acheteur or l’Islam base ses transactions sur des certitudes et des garanties pour chaque partie et éloignent les risques et incertitudes.

Ceci explique la parole du Prophète sws : ‘’Ne vendez pas ce que vous ne possédez pas.’’

  • La disponibilité des marchandises :

Le vendeur doit être certain de pouvoir remettre les articles achetés ou commandés par le client. Pour ce faire, ils devront être en sa possession et disponibles au moment de la vente. Par exemple, si une marchandise est momentanément en rupture de stock chez un commerçant mais que celui-ci a passé commande chez un fournisseur et escompte être livré rapidement, il est certes propriétaire des biens en cours d’acheminement mais n’a pas le droit de les revendre avant leur réception à cause de la part de risque et d’incertitude que cela comporte. Il est préférable que le client revienne chaque jour en boutique ou sur le site pour voir si l’article est disponible plutôt que de conclure une vente dont on n’est pas sûr qu’elle puisse être honorée.  

 

Cette liste constitue le B.A.BA des relations commerciales en Islam. Cependant, les qualités dont doit se parer l’entrepreneur musulman sont encore bien nombreuses et n’attendent qu’à se dévoiler dans nos prochains articles !  

 

Hamayssim

Leave a Reply